L’accès à l’eau est un droit que chacun doit obtenir. De nombreuses régions de Madagascar connaissent des problèmes en matière d’eau surtout le Sud de Madagascar ou l’accès à l’eau est presque inexistante.

La région ANALAMANGA connait également des problèmes sur ces services d’eau gérés par la société Jiro sy Rano Malagasy ou JIRAMA que ce soit sur la distribution, la quantité, la continuité ou le prix de l’eau.

Au niveau mondial, selon le rapport de l’OMS/UNICEF de 2019 environ 29% de la population mondiale n’ont pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable en 2017.

Pour le cas de Madagascar, selon le MICS ou Multiple Indicator Clusters Surveys, seulement 41% de la population ont accès à un service de base en matière d’eau en tant que boisson  de base en 2018.

L’accès potable à Madagascar, bref historique et quelques chiffres

L’accès à l’eau potable n’est pas un sujet nouveau pour Madagascar. De nombreux dirigeants malgaches ont essayé de réaliser cet objectif pour certains ce défi. L’accès à l’eau potable devient une problématique surtout avec l’avènement des Objectifs Mondiaux de Développement  ou OMD plus précisément de l’objectif N°7 : Assurer un environnement durable[1]. Depuis l’INSTAT essaye de produire des statistiques sur le taux d’accès à l‘eau que ce soit au niveau national ou régional annuellement ou pluriannuellement.

En 2000, le taux d’accès à l’eau au niveau national était de 30%.[2]Un taux assez faible. En s’engageant dans l’atteinte des OMD, le Plan d’Action de Madagascar ou le MAP s’organise autour des OMD. Ce plan avait prévu que le taux d’accès à l’eau passerait de 35% en 2005 à 65% en 2012 pour qu’au moins la moitié de la population ait accès à l’eau. Evolution interrompue suite aux événements de 2009. 

Le taux d’accès à l’eau en 2012 aura été seulement de 27,7%[3]. En 2015, le constat est  sans appel, nombreux pays dont Madagascar n’ont pas réussi atteindre les OMD. Ainsi il a été décidé de fixer de nouveaux objectifs pour 2030 appelés les Objectifs Durables de développement ou ODD. Un des ODD discute de l’Eau propre et Assainissement.

Le Plan National de Développement 2015-2019 constate le taux faible d’accès à l’eau potable au niveau national de 2012 et souhaite améliorer la situation d’accès à l’eau à Madagascar entre autre par « la mise à jour du cadre juridique, légal et réglementaire de l’Eau, Hygiène et Assainissement » ensuite de « Garantir l’accès à l’eau potable salubre et accessible et un assainissement adéquat pour tous » et enfin « Développer la gestion intégrée des ressources en eau »[4]

Pour le cas de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar ou IEM, la Politique Générale de l’Etat met l’accent sur l’Energie et l’eau pour tous dans son 2e paragraphe. L’objectif de l’IEM en matière d’eau est « d’augmenter de manière substantielle l’approvisionnement en eau potable de nos concitoyens sur l’ensemble du territoire de Madagascar à travers des travaux de forages, d’adductions d’eau potable [5]»

Enfin le dernier rapport de l’INSTAT et de l’UNICEF de 2018 a constaté que 41% de la population nationale a comme pour eau comme boisson de base. Un progrès par rapport aux  statistiques de 2015 de 27,7% cependant 2% de la population possède des services limités en matière d’eau et 21% n’ont pas de service d’accès à l’eau[6].

Il semble que malgré les divers plans gouvernementaux nationaux et les engagements internationaux en matière d’accès à l’eau, la situation de l’eau de Madagascar reste stagnante ou à faible courant.

L’accès à l’eau dans la région ANALAMANGA, Statistiques et historique

Au début de l’année 2000, selon les données de l’INSTAT : « 98% de la population se trouvant dans la capitale bénéficie de l’accès à l’eau potable ; Dans d’autres centres urbains 60% de la population utilisent des sources d’approvisionnement en eau potable » Cependant en milieu rural : « Seule une minorité a accès aux sources d’eaux potables (12%) »[7]

En 2008, le taux de desserte en eau potable pour la région ANALAMANGA sera de 77,40% en milieu urbain et 61,41% en milieu rural. En 2010, le taux de desserte en eau potable en milieu urbain diminuera en 72,36%  pour le cas du taux de desserte en milieu rural sera de 61,69%.[8]

En 2012, environ 66,3% de la population de la région d’ANALAMANGA ont accès à un service d’eau potable amélioré ; 33,7% ont un accès à un service d’eau potable non amélioré.[9]

Pour terminer lors d’une enquête en 2018, environ 74% de la population d’ANALAMANGA ont comme eau comme boisson de base qui est une nette amélioration par rapport aux statistiques de 2012 et de 2010[10]

Les problèmes des services d’eau dans la région d’ANALAMANGA et ses causes

Le constat est que la population de la région ANALAMANGA entre autre la capitale ANTANANARIVO ; le taux d’accès à l’eau est assez élevé par rapport à certaines régions comme la région SUD de Madagascar.

Cependant ses services d’eau rencontrent des problèmes. Par exemple concernant le non continuité du service, la quantité et le débit du service, la vétusté des infrastructures…

En effet depuis  quelques années la distribution de l’eau dans la région d’ANALAMANGA rencontre de nombreux problèmes. Le problème plus récurrent est la coupure d’eau entrainant le non continuité du service d’eau.

La coupure d’eau peut provenir de la destruction ou du mauvais état des canalisations d’eau ou de la faible pression de l’eau ne permettant à l’eau de se déplacer dans les canalisations ou bien de l’épuisement des ressources.[11]

Un autre problème des services d’eau est le débit et la quantité de l’eau qui est variable ou faible. Pouvant également être causé par le mauvais état des infrastructures ou la faiblesse des infrastructures ou seulement la grande consommation de la population d’eau ou la croissance de celle-ci. [12]

Techniquement parlant : l’offre en eau est faible tandis que le besoin ou la demande ou la consommation en eau est élevé. Ainsi il est difficile de subvenir aux besoins en eaux de toute la population tananarivienne.

Enfin pour terminer la vétusté des infrastructures de distribution d’eau qui est un problème dégradant les services d’eau. Cause de la coupure, du faible débit et de la faible quantité d’eau ; les infrastructures sont en mauvais état ou vétustes datant de la compagnie Eau et Electricité de Madagascar.[13]

Les projets gouvernementaux pour améliorer les services d’eaux dans la région d’ANALAMANGA

En général, Que ce soit le MAP en 2007 ou le PND en 2013 ou IEM en 2018 ; tous préconisent l’amélioration et l’augmentation de l’accès à l’eau dans le territoire national malgache.

Grâce aux divers programmes nationaux prônant l’accès à l’eau, de nombreux projets sur l’eau ont été élaborés puis exécutés par l’Etat et/ou avec l’aide d’une Organisation Non Gouvernemental national ou international. C’est le cas de la création d’un partenariat entre Banque Mondiale et Madagascar sur le Projet –Pilote d’Alimentation et d’Assainissement en milieu Rural ou PAEPR au niveau national en 2000.

A part le PAEPR, il existe aussi des programmes nationaux comme le Programme National d’Accès à l’Eau Potable et l’Assainissement ou PNAEPA entre 2008-2012. Entre autre il existe également des stratégies nationales sur l’eau comme par exemple la stratégie nationale  de l’eau et de l’assainissement entre 2013-2018.

En dehors de ces plans et programmes nationaux relatifs à l’eau ; il existe des projets ou des mesures propres à la région d’ANALAMANGA notamment la ville d’ANTANANARIVO pour améliorer le service d’eau.

C’est le cas par exemple  de l’utilisation des camions citernes pour subvenir aux besoins de la population tananarivienne en 2019. Il existe également des projets de forages et de pompages à Ambohidrapeto la même année pour pallier aux problèmes de services d’eau. [14]

Une station d’approvisionnement en eau à AMORONAKONA sera également opérationnelle prochainement pour la population tananarivienne.[15]

Enfin il existe des projets non gouvernementaux pour améliorer le service d’eau dans la région ANALAMANGA.

C’est le cas de l’investissement fait par le gouvernement de Norvège de 1 millions de dollar pour satisfaire les besoins en eau des communes d’ANALAMANGA et de TOAMASINA en septembre 2020.[16]

Autre exemple, le projet d’alimentation en eau potable de Mantasoa débuté en 2015 dans le cadre d’une collaboration entre la commune d’Auch (Gers,France) et la commune de Mantasoa divisé en 3 phases :

En Avril 2006, un projet nommé EPAAL (Eau Potable et Assainissement avec les acteurs locaux) Le projet cofinancé par l’Union Européenne œuvrant dans le secteur Eau, Hygiène  et Assainissement (EHA) Le projet touche 5 régions notamment la région ANALAMANGA. Le projet vise d’augmenter le taux de couverture en eau saine dans les zones d’intervention et de déclencher un changement de comportement en matière d’hygiène…[18]

            Constat, Solutions et Conclusion

Après cette longue étude, force est de constater que le taux d’accès à l’eau dans la région d’ANALAMANGA fait partie des plus élevé. Cependant la région elle-même rencontre des problèmes sur son service d’eau : Coupure d’eau, non continuation du service, Quantité  ou débit faible et  prix élevé.

Il faut reconnaitre que des mesures ont été prises pour résoudre ces problèmes que ce soit sur le court ou le long terme que ce soit sur le côté théorique et légal ou bien sur le côté pratique et créatif.

La création d’une nouvelle ville ou la diminution de la population de la région d’ANALAMANGA semble des mesures adéquates pour réduire la consommation de l’eau et l’augmentation de la quantité d’eau disponible. D’autre part le renouvellement ou l’amélioration ou la création de nouvelles infrastructures d’eau permettrait d’améliorer la qualité et la quantité et le débit de l’eau.[19]

RANDRIANARISOA Tsiory / REFESIMANDIDY


[1] https://www.mg.undp.org/content/madagascar/fr/home/sustainable-development-goals.html , consulté le 12 septembre 2020

[2] INSTAT, « Annuaire de la base de données Eau et Assainissement de base 2010 »

[3] INSTAT, « Enquête nationale sur le suivi des objectifs du millénaire pour le développement à Madagascar »

[4] Plan National de Développement 2015-2019

[5] http://www.presidence.gov.mg/presidence/66-la-ligne-directrice-de-la-pge.html, consulté le 12 septembre 2020

[6] UNICEF, INSTAT, « Services d’eau de boisson, services d’assainissement, et service d’hygiène » 2018

[7]INSTAT,  Enquêtes à indicateurs multiples MICS 2000, Madagascar

[8]Ministère de l’Eau, Annuaire de la Base de données Eau et Assainissement de base 2009

[9] Ministère de l’Eau, Annuaire de la Base de données Eau et Assainissement de base 2010

[10] UNICEF, INSTAT, « Services d’eau de boisson, services d’assainissement, et service d’hygiène » 2018

[11]https://www.m-habitat.fr/plomberie-et-eau/tuyaux-et-raccords-sanitaires/chute-du-debit-d-eau-dans-un-robinet-causes-et-solutions-3296_A

[12] https://www.m-habitat.fr/plomberie-et-eau/tuyaux-et-raccords-sanitaires/chute-du-debit-d-eau-dans-un-robinet-causes-et-solutions-3296_A

[13]https://laverite.mg/politique/item/9019-probl%C3%A8mes-de-la-jirama-%E2%80%9Cje-prendrai-mes-responsabilit%C3%A9s%E2%80%9D,-affirme-le-chef-d%E2%80%99etat.html

[14]https://www.newsmada.com/2019/08/13/problemes-deau-et-delectricite-la-jirama-annonce-des-mesures-durgence/

[15]http://www.midi-madagasikara.mg/societe/2019/10/12/approvisionnement-en-eau-a-tana-la-station-damoronakona-bientot-operationnelle/

[16]unicef.org/madagascar/communiqués-de-presse/100-000-personnes-à-antananarivo-et-toamasina-bénéficieront-des-services-d’eau

[17] https://experts-solidaires.org/projets/madagascar-mantasoa-eau-potable/

[18] https://www.fikrifama.org/projets-adduction-eau/

[19] http://www.jirama.mg/antananarivo-gestion-de-la-perte-en-eau/

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