Selon le Food Agriculture Organisation ou FAO, l’autosuffisance alimentaire se définit comme: « la satisfaction de tous les besoins alimentaire par la production nationale »[1] L’autosuffisance alimentaire peut être considérée comme la capacité d’un Etat ou d’un pays à subvenir aux besoins alimentaires de sa population de par lui-même.

Pour mesurer l’autosuffisance alimentaire d’un pays, la FAO a créé le taux d’autosuffisance alimentaire. Le taux de d’autosuffisance ou TAS « exprime l’importance de la production, par rapport à la consommation intérieure »[2] Ce taux se calcule de la manière suivante :

[3]

En 2010, les pays ayant le TAS élevé étant l’Argentine, L’Uruguay et l’Australie[4]. Cependant le statut alimentaire au niveau mondial est assez alarmant. En matière de malnutrition, environ « 150,8 millions d’enfants (22,2 %) de moins de 5 ans en souffrent2 ; 50,5 millions d’enfants de moins de 5 ans sont émaciés3, 20 millions de nouveau-nés présentent une insuffisance pondérale à la naissance4 et 38,3 millions d’enfants de moins de 5 ans sont en surpoids »[5] Selon l’Organisation des Nations Unies ou ONU, 4 pays sont en situation d’insécurité alimentaire au bord de la famine : Le Nigeria, République Démocratique du Congo, le Yémen et le Soudan du Sud[6]

Pour le cas de Madagascar, d’après l’INSTAT et l’UNICEF dans les indicateurs anthropométriques de la nutrition environ 42% des enfants moins de 5ans ont un retard de croissance, 6% sont émaciés, 1% sont atteint de surpoids enfin 26% présente des insuffisances pondérales en 2018. Enfin le taux de prévalence de la sous-alimentation à Madagascar en 2018 est de 44%.

L’autosuffisance alimentaire est de ce fait une solution pour réduire la faim dans le monde et d’un côté un moyen pour combattre la malnutrition et ses effets.

La situation alimentaire à Madagascar, Généralités

Les OMD ou les Objectifs Millénaires du Développement sont des objectifs fixés au début de l’an 2000 pour être réalisés pour l’année 2015. Les OMD regroupent divers objectifs dans divers domaines. L’objectif N°1 des OMD souhaite éliminer l’extrême pauvreté et la faim. Madagascar s’étant engagé dans la réalisation de cet OMD, l’autosuffisance alimentaire semblait un moyen idéal pour réaliser cet objectif.

Le Madagascar Action Plan ou MAP de l’ancien Président RAVALOMANANA de 2007 a intégré les OMD dans son plan national de développement qu’est le MAP. Son engagement N°5 relatif à la santé, le planning familial et la lutte contre le SIDA discute entre autre de la nutrition et de la sécurité alimentaire.

Suite à l’irréalisation des OMD en 2015, Madagascar s’engage à nouveau dans l’atteinte des objectifs appelés Objectifs de Développement Durables ou ODD. L’ODD N°1 comme l’OMD N°1 souhaite établir une « Faim Zéro » dans le monde entier.

Le Plan National de Développement ou PND de l’ancien Président RAJAONARIMAMPIANINA constate la faiblesse de la productivité rizicole pratiqué sur 1,2 millions d’hectares et occupant 2 millions de ménages ruraux ; l’augmentation de l’insécurité alimentaire entre 2005 et 2010 ; le non entretien des infrastructures agricoles,…

Le PND avait ainsi pour objectif d’instaurer l’autosuffisance alimentaire et  faire de Madagascar : « Grenier de l’océan Indien et de l’Afrique Subsaharienne. »

Pour le cas de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar ou IEM du Président RAJOELINA, Le « Velirano » N°9 discute de l’autosuffisance alimentaire ayant comme défi : Augmenter la production de Riz, améliorer les capacités des productions régionales.

Les divers plans nationaux de développement ont tous abordés d’une manière qui leur sont propre la question de l’alimentation ou de la sécurité alimentaire ou de l’autosuffisance alimentaire qui constitue un effort considérable en matière d’alimentation.

La production alimentaire à Madagascar, Chiffres et historique

Selon le FAO « Le riz est l’aliment de base des malgaches » [7]L’analyse qui suit discutera de la production de riz, de la consommation de riz et l’importation du riz depuis ces dernières années.

En l’an 2000, Madagascar a produit 230 milliers de tonnes de riz[8] et la consommation de riz par tête d’habitant est de 140Kg de riz cargo[9]. Toujours à l’an 2000, Madagascar a importé environ 200.000 tonnes de riz.[10]

En 2005, la production de riz était de 342.000 tonnes[11]. Une nette augmentation par rapport aux statistiques de 2000. Entre 2004 et début 2005, l’importation du riz étant de 133 456 tonnes de riz au début 2005 et 146 2016 en 2004[12]. Enfin en 2005, le taux de l’autoconsommation du riz était de 37,1%.

En 2009, Madagascar a produit 4,5 milliers de tonne de paddy et en 2010 la production augmente à 4,7 milliers de tonnes.[13]L’importation de riz entre 2007 et 2011 se trouve entre 90.000t à 200.000 tonnes de riz.[14]

Entre 2013 et 2018, la production de riz diminue à 2,4 milliers de tonnes alors que la consommation moyenne étant de 2,7 milliers de tonnes. Cette diminution de la production de riz est surement du aux événements politiques de 2009. [15]

La consommation de riz quant à elle était de 2871 de milliers de tonnes en 2013 et augmenta à 3052 milliers de tonnes en 2018. D’autre part, L’importation de riz entre 2013 et 2018 était en moyenne de 374000 tonnes[16].

En analysant, ces divers chiffres à travers divers années, on peut conclure qu’entre l’année 2000 et 2010, la production de riz à Madagascar a augmenté passant de 2300 à 4700 milliers de tonne. Cependant les événements de 2009 stoppèrent cet élan, la production de riz descendant à 2,4 milliers de tonnes entre 2013 et 2018.

En matière de consommation, l’augmentation croissante de population malgache entraine par conséquence une augmentation de la consommation de riz à travers les années. Ensuite en matière d’importation de riz, entre 2000 et 2009 ; l’importation a plus ou moins diminué. Elle s’est accentuée entre 2013 et 2018.

Projets gouvernementaux en matière d’alimentation

Vu précédemment de nombreux plans nationaux de développement discute de l’autosuffisance alimentaire et de la sécurité alimentaire.

Le MAP de 2007 dans son engagement N°4 discutant du développement rural évoque la situation alimentaire à Madagascar. En effet, le défi N°3 : Lancer une révolution verte durable avait comme objectif d’augmenter la production de riz de 3420 milliers de tonne en 2005 à 7000 milliers de tonnes en 2012.

Ce défi avait comme projet de d’assurer la disponibilité en engrais, semences et matériels pour augmenter substantiellement la productivité pour garantir l’autosuffisance alimentaire.

Le MAP de 2007 dans son engagement N°5 discutant de la Santé, du Planning Familial et la lutte contre le VIH/SIDA discute en partie de la situation alimentaire à Madagascar

Entre autre le défi N°7 du MAP de l’engagement N°5 s’intitule : « Améliorer la nutrition et la sécurité alimentaire » Ce défi avait pour objectif de réduire le taux de malnutrition chez les enfants moins de 5 ans et l’insécurité alimentaire au sein des ménages et chez les groupes les plus vulnérables.

Pour le cas du PND de 2013, Il avait pour objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et de faire de Madagascar : le grenier de  l’Océan Indien et de l’Afrique subsaharienne. Concrètement l’Etat garantissait le développement le développement rural afin d’assurer l’autonomie financière.

L’axe stratégique N°4 du PND : « Capital humain adéquat au processus du développement » dans son programme de protection sociale, expression des droits humains et de l’équité sociale ayant comme objectif de renforcer la protection social avait comme sous objectif d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition.

Enfin  pour le cas de l’IEM, Le « Velirano » N°9 discute de l’autosuffisance alimentaire ayant comme défi : Augmenter la production de Riz, améliorer les capacités des productions régionales.

La Politique Générale de l’Etat, plus précisément sa ligne directrice a prévu dans son alinéa 9 discute de l’autosuffisance alimentaire. Cette autosuffisance sera acquise par l’augmentation substantielle de la production rizicole. L’objectif est d’atteindre 500.000 tonnes annuel de production rizicole avant 2024.

Cette redondance d’amélioration de la situation alimentaire à Madagascar issues des nombreux plans nationaux de développement a engendré plusieurs plans ou projets relatif à l’autosuffisance ou la sécurité alimentaire.

Au début des années 2000, un Plan National de Développement Rural appelé PNDR a été crée. Le PNDR de 2000 avait pour objectif le développement des communautés ruraux et notamment le  développement de l’agriculture rurale afin d’augmenter la production rurale et ainsi atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Un nouveau PNDR a été également poursuivi en 2008 mais fut stoppé par les événements politiques de 2009. Depuis aucun nouveau PNDR n’a vu le jour à Madagascar.

A part le PNDR, de nombreux projets relatifs à l’autosuffisance alimentaire ont été réalisé à Madagascar.

C’est le cas du projet PAPAM ou Projet d’Amélioration de la Production Agricole à Madagascar en 2018 visant à renforcer la capacité des exploitations agricoles malgaches afin de  développer l’agriculture et la production agricole.[17]

Ensuite en 2012-2013, il y a le Projet Jeunes Entreprises Rurales dans le Moyen-Ouest ou PROJERMO ayant comme objectif d’améliorer les revenus de la population cible à travers l’appui aux entreprises rurales et de contribuer à l’accroissement des productions agricoles.

Avant le PROJERMO, entre 2000 et 2007 : il y avait eu le PROJER ou Projet Jeunes Entrepreneurs Ruraux, le projet a engendré des réalisations notables dans le domaine de la migration interrégionale, des aménagements dans des zones d’investissements agricoles et l’appui aux développements des entreprises rurales.

Enfin de nombreuses interventions de la Japan International Cooperation Agency en matière d’alimentation ont été constatées : C’est le cas du Projet d’Amélioration de la Productivité Rizicole ou PAPRIZ II entre 2015 et 2020 suivant du PAPRIZ I entre 2009-20014.

Il y a également le « FertilitY sensing and Variety Amelioration for Rice Yield, (Fy Vary) un projet de recherche pour une utilisation efficace des nutriments dans les conditions de sols à faibles intrants et peu fertiles » entre 2016-2022[18]

Constat général, Conclusion et Recommandations

En général, la production de riz a constamment augmenté entre 2000 et 2009 et l’importation était assez faible ou raisonnable palliant les lacunes de la production. C’est surtout après les événements de 2019 que la production de riz au niveau national a diminué alors que la population est toujours en expansion.

De ce fait l’offre ne suivant pas la demande, il a été nécessaire d’importer du riz grâce aux marchés internationaux pour satisfaire le besoin en riz de la population malgache. Ainsi l’importation du riz a augmenté aux fils des  années.

L’autosuffisance alimentaire est un levier nécessaire pour le développement de Madagascar. Sa présence dans les divers plans nationaux de développement, plans d’action, programmes et politiques montre son indispensabilité et son utilité.

La prééminence de l’autosuffisance alimentaire dans ces documents et actions gouvernementaux est issue des efforts du gouvernement en matière d’alimentation.

L’autosuffisance alimentaire permet de subvenir aux besoins alimentaires de la population, de réduire la faim au niveau national et est un moyen de subsistance local.

Il permet également de réduire la dépendance aux importations alimentaires internationales entraine le développement rural et des entreprises agricoles locales.

Ainsi il est primordial d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour toute les raisons cités ci-dessus.

Les recommandations nécessaires concernent d’une part l’industrialisation agricole. En effet plusieurs projets discutent de l’amélioration de la productivité ou de la production, mais la mise en place d’une industrialisation agricole permet d’une part d’atteindre facilement l’autosuffisance alimentaire.

L’industrialisation agricole permet d’augmenter la productivité, la production et le rendement. Cette industrialisation permettra de créer des emplois pour la population et peut entrainer le développement de la zone rurale.

Pour que cette industrialisation soit effective, il faut doter les exploitants agricoles de matériaux agricoles et les former à les utiliser.

RANDRIANARISOA Tsiory / REFESIMANDIDY


[1] http://www.fao.org/3/y3918f/y3918f04.htm#:

[2] http://www.fao.org/3/x9892f/x9892f0a.htm

[3] http://www.fao.org/3/x9892f/x9892f0a.htm

[4] FAO, Statictical book 2010

[5] Rapport sur la nutrition mondiale 2018

[6] https://fr.africanews.com/

[7] http://www.fao.org/rice2004/fr/p9.htm

[8] https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/MDG/fr/RS.RIC.PROD.PP.MT.html

[9] http://www.fao.org/rice2004/fr/p9.htm

[10] FAOSTAT, Juin 2010

[11] Madagascar Action Plan 2007

[12] FAOSTAT, Juin 2010

[13] Minagri- ministère de l’agriculture malgache, 2010

[14] QUALIREG, Approvisionnement en Riz issu de l’Agriculture biologique de Madagascar pour les restaurations collectives de la Réunion

[15] PAM, « La filière riz à Madagascar face à la fortification » Mai 2019

[16] PAM, « La filière riz à Madagascar face à la fortification » Mai 2019

[17] https://www.afd.fr/fr/carte-des-projets/ameliorer-la-productivite-agricole-et-promouvoir-lagro-ecologie-papam

[18] https://www.jica.go.jp/madagascar/french/activities/agriculture.html

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