image unicefCrédits Images : UNICEF Madagascar

Dans un résumé publié sur le site du Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement technique et professionnel, il a été rapporté ce qui suit[1] :

« L’Unité d’Évaluation des Acquis Scolaires (UEAS), organisme rattaché au Secrétariat Général du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Enseignement Technique et Professionnel (MENETP), a réalisé en Août 2019 une enquête auprès de 2 248 élèves de T2 et 3 700 élèves de T5 d’un échantillon représentatif national constitué de 295 écoles primaires publiques et privées. L’objectif était double : mesurer les acquis scolaires des élèves sur les matières de base au primaire (Malagasy, Mathématiques et Français) et identifier les facteurs liés à l’environnement scolaire et extrascolaire qui affectent l’apprentissage des élèves.

Cette enquête a fait ressortir que les élèves Malagasy ont de très grandes difficultés en lecture et une faible performance dans les disciplines de base notamment en Mathématiques et en Français.

Pour la lecture en Malagasy :

Si un élève de T2 devrait être capable de lire correctement 30 mots malgaches par minute, l’enquête a révélé que seuls 22 élèves sur 100 y parviennent. En moyenne, un élève de T2 lit correctement 15 mots malgaches par minute.

Pour les disciplines Malagasy, Mathématiques et Français :

Les proportions d’élèves qui parviennent à répondre correctement à 50 questions sur 100 sont :

– 47,7% en Malagasy, 44,8% en Mathématiques et 38,0% en Français pour les élèves de T2,

– 77,1% en Malagasy, 43,0% en Mathématiques et 35,4% en Français pour les élèves de T5.

Les résultats de cette enquête révèlent également que les facteurs suivants favorisent la réussite scolaire : la fréquentation du préscolaire, l’utilisation des manuels scolaires en classe et à la maison, le niveau académique et pédagogique des enseignants et des chefs d’établissement, l’existence de centre de ressources au sein de l’établissement, le suivi des apprentissages par les parents d’élèves et l’encadrement de proximité

Un constat assez sanglant lorsque l’on cherche à discuter de la qualité de l’éducation à Madagascar. En amont de cette étude, le Rapport d’état du Système éducatif ou RESEN, à l’origine du Plan Sectoriel de l’Education, et le PASEC (Performance du Système Educatif Malgache – Compétences et facteurs de réussite du Primaire, confirment ce diagnostic.

Et pourtant, malgré ce constat sur la qualité du produit de l’éducation à Madagascar, le plan de mise en œuvre de la Politique générale de l’Etat[2], présenté par le premier ministre au mois de juin dernier, ne fait référence à aucune mesure visant à améliorer la question qualité de l’éducation. Pour cette année en tout cas, l’Etat vise presque exclusivement à multiplier le nombre d’infrastructures.

La construction d’établissements scolaires n’est pas mauvaise en soi. Mais face aux problèmes rencontrés par le secteur éducatif, pour ne citer que le nombre insuffisant des enseignants qualifiés pour les établissements déjà existants, la construction d’infrastructure ne résout pas la question. D’ailleurs, il est utile de signaler que contrairement au PMO-PGE, le document de présentation de la PGE[3] de la Présidence souligne pour le secteur de l’éducation que « le corps professoral doit bénéficier de formations adéquates pour former nos jeunes à devenir des citoyens responsables. La modernisation des infrastructures et des outils de formation est requise dans les établissements d’enseignement général, de formation professionnelle et dans les Universités ». Cette présentation évoque une modernisation des infrastructures déjà existants, plus impactant et plus important.

[1] https://www.education.gov.mg/performance-en-recul-des-acquis-scolaires-des-eleves-malagasy/

[2] http://www.primature.gov.mg/index.php/2020/06/23/lahateny-fanolorana-ny-tatitra-mahakasika-ireo-asa-fanatanterahana-ny-politika-ankapobenny-fanjakana-antenimierandoholona/

[3] http://www.presidence.gov.mg/images/pdf/PGE_31_01_2019.pdf

Par Ny Aina Rahagalala/Refesimandidy

Une réponse

  1. Pour moi, la meilleure solution est de recruter tous les enseignants FRAM une fois pour toutes.Deuxieme solution :
    Former pédagogiquement ces ENF pendant les petites vacances ( Noël, Pâque) par exemple.
    Causes : pour améliorer la qualité de l’ enseignement à Mada. Merci de votre compréhension et notre collaboration.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *